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La littérature et la peurrrr

Dernière mise à jour : 27 oct. 2024



Le couloir de l'hôtel Overlook
Shining

Et oui ! Dans le genre “sensations fortes”…autant se confronter à la Queen de l’adrénaline ! La numéro UN. La peuuurrr ! Parce que quand même, la peur dans les livres, c’est un sacré truc. On parle toujours des films d’horreur. Mais les livres et les différents types de frayeurs qu’ils procurent nécessitent aussi quelques recherches.




Jack'O Lanterns
Halloween


Le mécanisme scientifique de la peur

Nos cerveaux ne réagissent pas tous de la même manière lorsque l’on a peur. Nous ne sécrétons pas forcément les mêmes hormones. D’abord, la peur chemine vers l’amygdale et déclenche une réaction de stress en provoquant la libération d’hormones comme le cortisol (l’hormone du stress que l’on génère le matin et qui fait qu’on est bougon) ou la noradrénaline. Selon Hugo Bottemane, psychiatre, nous pouvons aussi sécréter de l’endorphine et de la dopamine, des hormones de plaisir : "C'est un peu une simulation pour le cerveau". Selon lui, avoir peur dans des situations peu dangereuses permet à notre cerveau d’analyser le danger. "C’est un moyen d’apprendre des choses sans se confronter au danger réel".


Après avoir eu peur, certains seront juste stressés alors que d'autres seront exaltés. "Chaque personne a une sensibilité différente à la peur". Pour le psychiatre, notre cerveau déteste globalement avoir peur, mais certaines personnes adorent ça. On appelle ce phénomène, le comportement ordalique. C’est le fait d’avoir régulièrement un

comportement à risque, pour se sentir vivant. Certains adorent les films d’horreurs, les sports extrêmes car ils reçoivent après chaque épisode de peur un "shot" de dopamine. "Une fois que la situation de peur est passée, le cerveau va être dans un état de repos, un état apaisé". Nous sommes donc accros aux hormones associées au plaisir, ce qui est plutôt compréhensible. Elles sont un peu là pour ça... "C'est un peu comme si le cerveau récompensait finalement le fait d'avoir survécu à quelque chose, même si cette chose-là est totalement irréelle".


Le cinéaste Alfred Hitchcock lisant un livre sur Les Oiseaux, en référence à son film
Alfred Hitchcock

Quelle est la différence entre livres et films ?

Lire des livres qui font peur, c’est un moyen de faire surgir une émotion

primitive, de se confronter à cet instinct de survie. La force des romans, c’est l’imaginaire du lecteur. Le roman a la capacité de s'introduire dans la tête des gens par les mots de manière plus subtile que les films.


En fonction des livres, la peur peut se construire de différentes façons,

autant par des scènes violentes que par des scènes plus cérébrales où

l’objet de la peur est simplement suggéré.


Un autre mécanisme de la peur néanmoins intéressant et qui ne réside pas

dans la terreur est… le suspense. C’est plus intellectuel et moins animal, ce

n’est pas de la peur primale mais certains trouvent ça encore

plus… délicieux. On sait qu’il va se passer quelque chose et on flippe

d’avance. C’est la terreur sous forme abstraite : ce qui est là, sans être vu,

impalpable, absent, juste senti ou pressenti. ça, c’est aussi un atout majeur

des livres.


Un ciel ombrageux et couvert de chauve-souris

Pourquoi aime-t-on avoir peur à l’adolescence ?

Parce que dans les récits fantastiques, certains ressentis intimes propres à l'adolescence sont mis en images.

Les récits d’horreur entrent en résonance avec les problématiques des ados. Parce que l’inquiétante étrangeté contenue dans les contes d’horreur reflète ce que ressentent nombre d’adolescents. Les problématiques rencontrées reflètent parfois celles des contes de fées. Parce qu’on trouve dans les récits (et les films aussi par ailleurs) d’horreur des composantes des thématiques identitaires, familiales et sociales qui entrent tout à fait en résonance avec ce que l’on rencontre à adolescence. Le récit d’horreur est un pourvoyeur d’images et de symboles qui permet d’obtenir des réponses.




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